
À retenir
Les oméga-3 marins sont une famille d’acides gras. Dans cet article, les deux plus importants sont le DHA (acide docosahexaénoïque) et l’EPA (acide eicosapentaénoïque). Le DHA est un matériau de construction majeur du cerveau et de la rétine. L’EPA participe surtout à la fabrication de médiateurs qui aident l’organisme à réguler l’inflammation.
La FEDIAF est la Fédération européenne de l’industrie des aliments pour animaux familiers. Ses recommandations servent de repère aux fabricants d’aliments complets. Dans l’édition 2025, elle retient un repère EPA + DHA pour les aliments de croissance et de reproduction : environ 130 mg/1000 kcal chez le chien et 30 mg/1000 kcal chez le chat [1].
L’ALA, ou acide alpha-linolénique, est un oméga-3 végétal. Il est utile, mais il ne remplace pas complètement un apport direct en DHA/EPA : chez la chienne, une alimentation enrichie en ALA pendant la gestation et la lactation n’augmente pas efficacement le DHA du lait [2].
Pourquoi cette période est stratégique
La gestation, la lactation et les deux premiers mois de vie ne sont pas de simples phases de croissance : ce sont des fenêtres de construction biologique. Le cerveau du chiot et du chaton continue de se développer après la naissance ; la rétine, les synapses, l’apprentissage, l’immunité et l’équilibre inflammatoire se mettent en place très tôt.
Pendant cette période, le jeune ne choisit pas encore sa nutrition : il dépend de la mère, du placenta, du lait puis de l’aliment de transition. Le statut maternel en DHA/EPA devient donc un levier simple pour soutenir les tissus qui grandissent vite, en particulier le cerveau et la rétine [3-6].
- Vision : le DHA s’accumule dans la rétine ; chez le chiot, des apports en oméga-3 longue chaîne améliorent les réponses électrorétinographiques [3,4].Cognition : chez des chiots supplémentés directement en DHA, les performances d’apprentissage dans un test de discrimination d’objets sont meilleures [10].
- Immunité et inflammation : EPA et DHA participent à la production de médiateurs lipidiques qui favorisent la résolution de l’inflammation, ce qui explique leur intérêt plus large en dermatologie, articulation, rein, comportement ou cognition chez les carnivores domestiques [11,15].
- Sécurité physiologique : les apports doivent rester intégrés dans une ration complète, avec assez de vitamine E et une huile de bonne qualité, car les acides gras polyinsaturés sont sensibles à l’oxydation [7,14].
Chez la chienne et le chiot
Chez le chien, les données sont les plus solides. Les études historiques de Bauer et Heinemann montrent que les sources marines de DHA/EPA sont plus efficaces que les précurseurs végétaux pour soutenir le statut en DHA, le lait et la fonction rétinienne des chiots exposés pendant la gestation, la lactation et le sevrage [2-5].
Les données plus récentes complètent ce socle. Une étude de 2023, menée chez douze chiots de trois mois, a montré qu’un apport de 40 mg de DHA/kg/jour sous forme d’huile de poisson concentrée améliorait les réponses correctes dans un test d’apprentissage, sans augmenter l’oxydation lipidique mesurée [10]. Une étude de sécurité sur une huile algale riche en EPA/DHA, administrée de la saillie à la lactation puis poursuivie chez les chiots après sevrage, n’a pas montré d’effet défavorable global jusqu’à des niveaux élevés d’incorporation dans l’aliment [7].
Il ne faut pas transformer ces résultats en promesse excessive. Les oméga-3 ne remplacent ni la qualité génétique, ni la socialisation, ni la gestion sanitaire. Ils constituent plutôt un socle nutritionnel favorable, comparable à une bonne préparation du terrain.
Chez la chatte et le chaton
Chez la chatte, il existe moins d’essais d’intervention récents que chez la chienne. La logique nutritionnelle reste pourtant forte. Le chat est un carnivore strict et sa capacité à convertir les précurseurs végétaux en DHA est limitée. Les travaux chez le chaton montrent que le profil lipidique maternel influence l’accumulation des acides gras longues chaînes dans le cerveau et la rétine [6].
Une publication récente en nutrition féline montre aussi qu’une source alternative à l’huile de poisson, l’huile algale, peut modifier les concentrations sériques d’EPA et de DHA chez le chat [13]. Cela renforce l’idée pratique que ce n’est pas seulement la quantité totale de gras qui compte, mais bien la nature des acides gras apportés.
En élevage félin, le message doit donc rester simple : vérifier que l’aliment de gestation/lactation ou de croissance apporte des oméga-3 marins, et discuter d’un complément si la ration est ménagère, pauvre en poisson, ou si l’apport en DHA/EPA n’est pas identifiable.
Où se situe le krill NUTREAL ?
NUTREAL Antarctica Omega Krill apporte, par gélule, 500 mg d’huile de krill, au moins 120 mg d’oméga-3, plus de 60 mg d’EPA, plus de 32,5 mg de DHA, plus de 210 mg de phospholipides et 0,5 mg d’astaxanthine d’après les informations produit [21].
Le krill est intéressant parce qu’il apporte directement EPA et DHA sous une forme marine, associée à des phospholipides. L’astaxanthine ajoute une dimension antioxydante pertinente pour des lipides très insaturés. En revanche, la littérature publiée ne permet pas encore d’affirmer qu’une huile de krill, et encore moins NUTREAL Krill spécifiquement, aurait démontré en essai clinique un bénéfice propre chez des chiennes ou chattes gestantes et allaitantes.
Point de prudence vétérinaire
Le complément doit s’ajouter à une ration complète, pas corriger une ration déséquilibrée. Il est à éviter ou à valider au cas par cas en cas d’intolérance aux poissons ou crustacés, de régime pauvre en graisses, de traitement anticoagulant, de trouble digestif actif, ou si l’aliment est déjà fortement enrichi en DHA.
Ce que disent les données récentes
La mise à jour bibliographique jusqu’au 6 juillet 2026 ne change pas le cœur du message : les meilleures preuves directes en reproduction canine restent les études DHA/EPA historiques et les études de sécurité ou de cognition plus récentes [3,4,7,10].
Les nouveautés 2024-2026 affinent surtout le contexte : revue des équilibres oméga-6/oméga-3 chez chien, chat et cheval [11], synthèse sur les nutriments du cerveau chez chien et chat [12], données félines sur l’huile algale [13], analyse de compléments d’huile de poisson pour chiens [14], revue des doses d’EPA/DHA chez les animaux de compagnie [15], étude des lipides du lait canin et félin [16], et évaluation montrant que certains aliments de croissance peuvent manquer d’EPA + DHA [17].
QUESTION
MESSAGE-CLÉ
SOLIDITÉ
Chiot
Les apports directs en DHA/EPA chez la mère et le jeune sont associés à une meilleure fonction rétinienne, et une étude récente montre une amélioration de l’apprentissage chez des chiots supplémentés en DHA.
Données canines directes
Chaton
Le chat convertit peu les précurseurs végétaux en DHA. Les données anciennes sur le chaton et les recommandations nutritionnelles justifient un apport préformé, même si les essais récents en reproduction féline restent rares.
Biologie forte, essais limités
Krill
L’intérêt vient de l’apport d’EPA/DHA marins, des phospholipides et de l’astaxanthine. En revanche, aucune étude publiée n’évalue spécifiquement le Krill chez des chiennes ou chattes reproductrices.
Extrapolation prudente
Miroir avec la femme enceinte et allaitante
Chez la femme, le raisonnement est très proche dans son principe, même si les doses ne se transposent pas à l’animal. Le DHA est recommandé parce qu’il participe au développement du cerveau et de la vision du fœtus puis du nourrisson. Les repères européens retiennent généralement 250 mg/jour d’EPA + DHA chez l’adulte, avec un supplément d’environ 100 à 200 mg/jour de DHA pendant la grossesse et l’allaitement ; les consensus périnataux parlent souvent d’au moins 200 mg de DHA par jour [19,20].
Le parallèle utile est le suivant : dans toutes les espèces, l’objectif n’est pas de donner “du gras” indistinctement, mais d’assurer un apport régulier en DHA préformé au moment où le cerveau et la rétine se construisent. Chez la femme, on conseille des poissons adaptés ou des compléments contrôlés ; chez la chienne et la chatte, on raisonne à partir de l’aliment complet, de l’énergie consommée et d’un complément vétérinaire si nécessaire.
En pratique
- Commencer l’optimisation avant ou au début de la gestation, puis maintenir l’apport pendant la lactation et jusqu’au sevrage.
- Vérifier l’étiquette de l’aliment : présence explicite de DHA, EPA ou huile de poisson/algale/krill, et adéquation avec la croissance ou la reproduction.
- Ne pas additionner plusieurs huiles sans calcul : plus n’est pas automatiquement mieux, surtout si la ration est déjà enrichie.
- Surveiller les selles, l’appétit, l’état corporel de la mère et la croissance de la portée.
- Pour NUTREAL Krill, appliquer les fiches chienne/chatte en raisonnant sur les calories réellement consommées et en gardant le repère FEDIAF EPA + DHA. Le laboratoire a fait le choix de proposer une posologie basée sur un ratio EPA/DHA de 1 :1 afin d’optimiser les bénéfices obtenus.
Le bon objectif n’est pas une supplémentation spectaculaire, mais une couverture régulière et traçable des besoins en EPA/DHA pendant une période courte, exigeante et décisive.
01.
European Pet Food Industry Federation (FEDIAF). Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs. Brussels: FEDIAF; 2025. Available from: https://europeanpetfood.org/self-regulation/nutritional-guidelines/
02.
Bauer JE, Heinemann KM, Bigley KE, Lees GE, Waldron MK. Maternal diet alpha-linolenic acid during gestation and lactation does not increase docosahexaenoic acid in canine milk. J Nutr. 2004;134(8):2035S-2038S. doi:10.1093/jn/134.8.2035S.
03.
Heinemann KM, Waldron MK, Bigley KE, Lees GE, Bauer JE. Long-chain (n-3) polyunsaturated fatty acids are more efficient than alpha-linolenic acid in improving electroretinogram responses of puppies exposed during gestation, lactation, and weaning. J Nutr. 2005;135(8):1960-1966. doi:10.1093/jn/135.8.1960.
04.
Bauer JE, Heinemann KM, Lees GE, Waldron MK. Retinal functions of young dogs are improved and maternal plasma phospholipids are altered with diets containing long-chain n-3 polyunsaturated fatty acids during gestation, lactation, and after weaning. J Nutr. 2006;136(7):1991S-1994S. doi:10.1093/jn/136.7.1991S.
05.
Heinemann KM, Bauer JE. Docosahexaenoic acid and neurologic development in animals. J Am Vet Med Assoc. 2006;228(5):700-705. doi:10.2460/javma.228.5.700.
06.
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08.
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Laboratoire Nutréal. Antarctica Omega Krill [Internet]. Nutréal; 2026 [cited 2026 Jul 6]. Available from: https://nutreal.fr/products/aok.


